Renforcer l’éducation publique—Reconstruire l’Ontario

Programme d’OSSTF/FEESO en matière d’éducation: Un plan directeur pour soutenir la croissance de la province en utilisant l’éducation financée à même les deniers publics comme pierre angulaire.

OSSTF/FEESO a publié Renforcer l’éducation publique—Reconstruire l’Ontario, son plus récent programme en matière d’éducation. Point culminant de six mois de consultation au sein d’OSSTF/FEESO, le programme décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario peut prendre pour « protéger et améliorer le système d’éducation financé à même les deniers publics de l’Ontario ». Les syndicats du milieu de l’éducation, dont OSSTF/FEESO, souhaitent que les prochaines élections provinciales de juin 2022 débouchent sur un gouvernement favorable à l’éducation. Les membres d’OSSTF/FEESO utilisent le programme pour faire pression sur les élus et comme guide lorsqu’ils parlent aux membres des communautés de la province, avec un intérêt particulier pour la politique électorale. Le programme donne aux membres le pouvoir de façonner les cœurs et les esprits par le biais de conversations avec des amis, des collègues et des membres de la famille. Il est parfaitement logique qu’un syndicat du milieu de l’éducation comme OSSTF/FEESO préconise de meilleures conditions de travail et de meilleurs avantages sociaux par le biais de son programme. Après tout, OSSTF/FEESO est un organisme dirigé par ses membres. Selon les organisatrices et organisateurs électoraux d’OSSTF/FEESO, Renforcer l’éducation publique—Reconstruire l’Ontario, vise à dépasser le statu quo. Étant donné que les organisatrices et organisateurs d’OSSTF/FEESO ont utilisé le programme pour soutenir les efforts des districts locaux, ces défenseurs ont également élaboré des récits sur le contenu du programme.

Ce qui rend ce programme particulièrement excitant pour les organisatrices et organisateurs, c’est que notre vision du meilleur système d’éducation possible axé sur l’élève implique non seulement des classes moins nombreuses, un meilleur accès aux services scolaires et davantage d’emplois de soutien professionnel, mais aussi que le programme fait valoir que l’investissement dans la croissance sociale et communautaire est l’une des meilleures voies à suivre. Encore une fois, le programme demande qu’une plus grande attention soit accordée aux pratiques d’embauche et de rétention et aux initiatives dédiées à la prévention de la violence. Les membres d’OSSTF/FEESO ont été constants sur ces questions au fil des ans. Toutefois, ce programme nous incite à penser au-delà de la salle de classe, au-delà de l’école et dans la communauté au sens large. Les enseignantes et enseignants et les travailleuses et travailleurs en éducation sont très conscients des situations difficiles dans les écoles, les familles et la communauté en général. En Ontario, les gens ont besoin d’un salaire minimum vital pour pouvoir payer les augmentations de loyer, la nourriture et les dépenses quotidiennes de leur famille. Il est urgent que le prochain gouvernement prenne des mesures concrètes et rende des comptes sur les services de garde d’enfants universels, les congés de maladie payés permanents et le financement adéquat du soutien et de l’accès aux ressources en santé mentale après la COVID. Il faut réduire les frais de scolarité pour alléger le fardeau des étudiants et améliorer l’accès aux études postsecondaires financées par les deniers publics.

Heureusement, nous avons tous des histoires à raconter qui ont un lien avec les grandes idées. Écouter ou partager une histoire dans une conversation est puissant et le programme est un guide à des conversations pertinentes au sujet de l’avenir des communautés et de l’éducation financées à même les deniers publics en Ontario. Par exemple, nous savons, grâce à notre expérience avec la COVID-19, que toutes les travailleuses et tous les travailleurs ont besoin de jours de congé de maladie permanents, maintenant et à l’avenir, pour assurer la sécurité des communautés. Nous avons vu comment un travailleur malade qui ressent le besoin de travailler affecte les familles. Nous savons que notre gouvernement n’investit pas en nous et nous le voyons tout autour de nous. Nous pouvons parler de choses comme l’annulation de la réécriture du programme scolaire pour centrer les connaissances des Premières Nations, des Métis et des Inuits, qui devrait être annulée et remise en œuvre pour faire preuve d’un véritable leadership en matière de réconciliation. Nous pouvons parler de nos expériences dans les écoles et dans les salles de classe et montrer qu’il est nécessaire de mettre en place de meilleurs modèles de dotation en personnel, avec des ratios équitables pour les élèves ayant des besoins particuliers. Nous voyons la nécessité de soutenir les nouveaux arrivants dans toutes les communautés, dans les petites villes, dans les zones rurales et dans nos villes. Les histoires peuvent aller dans de nombreux endroits et nous ouvrir les yeux sur des perspectives dont nous n’étions pas conscients, établissant des relations même lorsque nous ne sommes pas tout à fait d’accord. Peu importe où vous vous trouvez dans la province ou à quelle classification d’emploi vous appartenez, le programme vous concerne et s’adresse à vous, à votre famille et à votre communauté. Il vise à aller de l’avant et à reconstruire. Lorsque les histoires de listes d’attente, d’enfants qui tombent dans les mailles du filet, de preuves de détérioration de la santé mentale, de violence en classe, de frais de scolarité postsecondaires, de manque de services ou de logements abordables, de fracture dans l’apprentissage, de charge de travail, de racisme systémique, de réconciliation ou de tant d’autres possibilités sont utilisées pour démontrer les inégalités dans nos systèmes, nous pouvons établir des liens avec les autres d’une manière significative destinée à construire des communautés solidaires. Chaque histoire a sa place dans les axes du programme : accroître le soutien et les services axés sur les élèves, centrer les écoles sur nos communautés, améliorer les conditions d’apprentissage pour tous, s’attaquer aux inégalités systémiques et offrir des conditions d’apprentissage et de travail sécuritaires et saines dans tous les lieux et pour tous les citoyens de cette province.

Le programme d’OSSTF/FEESO met l’accent sur le fait que les écoles sont le noyau de nos communautés et, à ce titre, des actions tangibles doivent commencer à se produire en 2022. Le renforcement des soutiens sociaux, économiques et culturels pertinents dans nos communautés d’une manière holistique et juste permet de répondre au Nous de la société et non simplement au Je. Cette formule permettrait un accès et un usage équitables de l’éducation publique. W.E.B Du Bois a soutenu que l’éducation est la véritable forme de libération des Noirs, sur le plan économique et politique. Il est nécessaire de s’attaquer activement aux inégalités du système d’éducation publique afin de fortifier l’avenir de la prochaine génération. Une partie de cette formule implique le décentrage de la blancheur, du colonialisme et de la suprématie blanche dans nos programmes d’études, nos ressources, notre formation et notre recrutement, notre leadership et notre financement. Le système doit être réoutillé pour intégrer l’histoire des Noirs, des Autochtones et des personnes racialisées, pour favoriser l’excellence de l’enseignement public et pour mettre en œuvre un désapprentissage et un réapprentissage délibérés de centaines d’années. Un exemple clair de cette action est le « décloisonnement ». Le décloisonnement doit impliquer un processus responsable et mesurable qui, s’il est réalisé correctement, tient compte d’un financement adéquat, d’une formation appropriée, de pratiques d’embauche au sein des conseils, de ressources avant-gardistes et, surtout, de l’inclusion des voix et des communautés que le décloisonnement doit toucher : les Noirs, les Autochtones et les personnes racialisées. Il est essentiel que les peuples autochtones soient recentrés dans l’enseignement public afin de renforcer l’ensemble du système. Le programme d’OSSTF/FEESO prend conscience qu’il est nécessaire de garantir l’enseignement de l’histoire, de la culture contemporaine et des enseignements spirituels des peuples autochtones et que la formation appropriée à l’intention du personnel enseignant est offerte afin de changer nos pratiques et processus. De plus, alors que nous avançons en 2022, nous reconnaissons l’interconnexion entre le tissu social de notre société et un système d’éducation publique fortement financé.

Le programme d’OSSTF/FEESO est axé sur la vue d’ensemble, sur l’économie connective qui consiste à placer les écoles au centre des communautés. Lorsque les gouvernements créent des politiques et des règlements pour aider les familles et les parents qui travaillent, les élèves ont la meilleure chance de commencer chaque journée prêts à profiter au maximum des possibilités d’apprentissage. Les investissements dans les programmes sociaux, comme les congés de maladie payés pour tous, ont un impact direct sur la vie familiale des enfants. Les parents qui peuvent rester à la maison pour s’occuper d’enfants malades, sans craindre de représailles de la part de leur employeur ou de perte de revenu, élèvent leurs enfants dans de meilleures conditions de vie. Les écoles et les communautés sont inextricablement liées et dépendent de leur réussite mutuelle. C’est pourquoi, lorsque le capital social des collectivités s’accroît, il en va de même pour la réussite des élèves de l’Ontario, à tous les niveaux : les élèves retournent l’investissement en tant que diplômés et en tant qu’adultes attentionnés, chefs de famille et travailleurs productifs. Des services comme les services de garde d’enfants universels et le revenu de base universel aident les enfants à devenir de meilleurs apprenants. Les services de garde d’enfants universels, par exemple, sont beaucoup plus abordables pour les parents, ce qui aide les familles à enrichir la vie de leurs enfants. Étant donné qu’une grande majorité de femmes restent à la maison pour s’occuper des enfants, un système universel de garde d’enfants permet aux femmes de travailler pendant les heures de classe, ce qui réduit les inégalités de revenus. Les nouveaux arrivants au Canada et les apprenants autochtones bénéficieront également de l’amélioration des services communautaires, en particulier de l’accès à Internet et de la formation communautaire. En donnant la priorité aux soutiens et aux services communautaires, les écoles deviennent le centre de nos communautés.

Nous savons que payer pour une éducation solide financée à même les deniers publics est un investissement économique, tant au niveau micro ou privé/personnel qu’au niveau macro fiscal. Selon une étude du Conference Board du Canada, chaque dollar investi dans l’éducation en Ontario a un impact économique de 1,30 $, soit un retour sur investissement impressionnant de 30 pour cent. L’inverse est vrai; le fait de retirer des dépenses de l’éducation diminue la croissance économique. Lorsqu’on les considère ensemble, l’augmentation des dépenses dans les services communautaires et l’investissement dans l’éducation financée à même les deniers publics équivalent à une spirale ascendante de réussite sociale et économique. James Baldwin a écrit : Je ne peux pas croire ce que vous dites, car je vois ce que vous faites. En tant que membres d’OSSTF/FEESO, nous élaborons un programme en matière d’éducation publique qui porte sur l’interconnexion de nos identités, valeurs, voix et communautés. Plus important encore, c’est un programme d’éducation publique qui est centré sur l’action, la responsabilité et la projection que nous sommes plus forts ensemble, car la libération d’un seul conduit à la libération de tous.

Jared Hunt est enseignant au District 4, Near North, Rose Lepage est éducatrice de la petite enfance au District 4, Near North et Vanessa Stoby enseigne au District 16, York Region. Ces trois Membres sont en détachement au Bureau provincial d’OSSTF/FEESO, à titre d’organisatrices électorales et d’organisateur électoral.

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