Apprendre des années Harris

En des temps difficiles, le passé offre de précieuses leçons

Note du rédacteur : En novembre 2018, David Moss, ancien directeur du Secteur des communications/action politique d’OSSTF/FEESO, a prononcé un discours devant des dirigeants locaux qui étaient réunis à Toronto dans le but d’élaborer des stratégies visant à contrer les mesures anticipées du gouvernement Ford. Nous présentons ici des extraits du discours de David Moss.

Les 100 dernières années ont connu des générations de membres et de dirigeants d’OSSTF/FEESO qui ont fait face à des défis de taille alors qu’ils s’évertuaient à protéger l’éducation publique contre des gouvernements de toutes les allégeances politiques. La nouvelle génération de dirigeants d’OSSTF/FEESO, que vous représentez aujourd’hui, sera peut-être de nouveau mise au défi.

Transportons-nous au 8 juin 1995. Mike Harris mène les Conservateurs à un gouvernement majoritaire sous le slogan la « Révolution du bon sens ». Revenons au 7 juin 2018. Doug Ford mène les Conservateurs de l’Ontario à un gouvernement majoritaire sous son slogan « Pour le peuple ».

Mike Harris avait promis de payer sa « Révolution » en dénichant des milliards de dollars en efficacités au sein du gouvernement et en y éliminant le gaspillage. Doug Ford promet de financer son plan extrêmement vague nommé « Pour le peuple » en trouvant six milliards de dollars en efficacités au sein du gouvernement et en y éliminant le gaspillage.

Sommes-nous sur le point de voir l’histoire se répéter? Pouvons-nous déjà faire des comparaisons?

Où Doug Ford et son gouvernement trouveront-ils leurs six milliards de dollars en efficacités? Eh bien, les deux plus importantes lignes budgétaires sont les soins de santé et l’éducation. Dans quelle mesure les efficacités gouvernementales toucheront-elles les membres d’OSSTF/FEESO dans les conseils scolaires et les universités? Vous avez déjà été témoin de l’annulation d’un financement approuvé de 100 millions de dollars qui devait servir à réparer des écoles, dans le cadre des premières restrictions annoncées par le gouvernement. La semaine dernière, un autre financement, celui-là de l’ordre de 200 millions de dollars, destiné à la construction de nouveaux campus universitaires à Markham, Milton et Brantford a été annulé. La somme de 300 millions de dollars est énorme, mais on est toujours loin de six milliards. Quelles autres contraintes sont dans le point de mire de Doug Ford dans le domaine de l’éducation?

Personnellement, je n’en ai aucune idée, mais l’histoire nous indique que vous, à titre de dirigeants d’OSSTF/FEESO, aurez vraisemblablement à prendre des décisions difficiles dans un proche avenir. Afin de prendre ces décisions difficiles, il vous faudra les faits. Vous devrez surveiller toutes les actions du gouvernement et effectuer des recherches sur celles-ci. Vous devrez élaborer des stratégies de communication dans le but de contrer les tactiques et interprétations tendancieuses du gouvernement et vous devrez préparer vos membres afin qu’ils soient prêts lorsque viendra le moment de passer à l’action! Mon but aujourd’hui est de vous aider à faire le lien entre les succès historiques et vos préparations actuelles.

Retournons en 1995. Que pouvons-nous retenir des actions d’OSSTF/FEESO à l’époque, que nous pourrions appliquer maintenant? Mike Harris a été élu en juin 1995 et le 28 octobre1997, le personnel enseignant et les travailleurs de l’éducation dans toutes les écoles publiques, catholiques, élémentaires, secondaires, de langue anglaise et de langue française, ont fermé les portes de leur lieu de travail en Ontario pendant deux semaines. Les membres ont débrayé en guise de protestation contre les attaques du gouvernement sur l’éducation financée à même les deniers publics et sur leurs droits de négociation collective. Ces actions n’ont pas été prises sur un coup de tête. Elles ont nécessité deux ans de préparation et d’activation des membres par OSSTF/FEESO. Ils sont sortis en sachant qu’ils perdraient leurs salaires et leurs avantages sociaux pendant cette période sur la rue et sans savoir combien de temps ils le resteraient. Ils l’ont fait sachant qu’ils ne recevraient pas d’indemnités de grève du syndicat. Surtout, ils ont choisi de le faire parce qu’ils croyaient qu’une telle action collective était nécessaire pour protéger les valeurs auxquelles ils croyaient : l’importance suprême d’un système d’éducation publique entièrement financé à même les deniers publics et l’importance primordiale de la négociation collective afin de protéger non seulement leurs conditions de travail, mais également les conditions d’apprentissage de leurs élèves.

Pendant la période de deux ans qui a précédé cette manifestation, les dirigeants de la Fédération ont maintenu une communication avec le gouvernement. Cela était loin d’être une tâche facile! Les réunions en compagnie des fonctionnaires du Ministère étaient essentielles alors que nous commencions à établir les grandes lignes du programme de Mike Harris en ce qui concerne l’éducation. Ce sont des fonctionnaires du Ministère qui ont divulgué le discours tristement célèbre du ministre de l’Éducation Snobelen, déclarant que le gouvernement se devait de fabriquer une crise dans le domaine de l’éducation pour apporter les changements qu’il souhaitait. Cette vidéo de piètre qualité s’est avérée un outil inestimable dans notre campagne visant à exposer les véritables motifs du gouvernement à nos membres et au grand public.

Aujourd’hui, votre défi est unique en son genre. Vous avez une nouvelle génération de membres qui n’ont aucun souvenir de cette manifestation ou des raisons qui l’ont précipitée. Leurs conventions collectives ont été négociées loin de leur lieu de travail, à des tables centrales. Vos membres s’affairent à vaquer à leurs tâches quotidiennes, alors que Doug Ford cherche des façons de trouver au moins six milliards de dollars en restrictions budgétaires.

Même à la lumière de toutes les décisions négatives que Doug Ford a déjà prises, si aujourd’hui vous demandiez à vos membres d’imiter les actions des enseignants et travailleurs de l’éducation d’octobre 1997, le feraient-ils? Croyez-moi, les membres d’OSSTF/FEESO en 1997 n’ont pas débrayé de leur lieu de travail simplement à la demande de leur syndicat.

Alors, comment avons-nous réussi, en l’espace de deux ans, à convaincre nos membres de faire ce sacrifice personnel de principe? La réponse simple était les dirigeants, l’éducation des membres locaux et la planification. Cependant, la prestation de cette direction, l’éducation des membres au sujet des actions du gouvernement et l’élaboration d’un plan d’action efficace étaient loin d’être une tâche facile. Et je peux vous assurer que ce ne sera pas facile de nos jours. Toutefois, la réussite de tout plan d’action nécessite que vos membres, et non seulement les dirigeants de la Fédération se l’approprient.

Je me souviens de ces défis en 1997 : une nouvelle initiative gouvernementale presque tous les jours, tout comme le fait Doug Ford. Des programmes ont été annulés et des travailleurs ont été victimes de projets de loi.

La première chose qu’il nous a fallu apprendre était que nous ne pouvions pas nous prononcer de façon irréversible à chaque mesure du gouvernement. Cela n’a pas été facile, puisque toutes les décisions annoncées, comme c’est le cas de nos jours, avaient des répercussions négatives sur nos membres. Nos dirigeants provinciaux et locaux se sont rapidement rendu compte qu’ils ne pouvaient pas mener un combat contre chaque question. Si on peut emprunter une analogie qui, selon moi, résume bien nos choix à cette époque : comme un chien acculé au mur, nous devions éviter de mordre lorsqu’il suffisait de grogner.

Nous avions besoin des deux ans pour élaborer nos stratégies. Nous avions besoin du temps pour faire les recherches nécessaires sur les actions que le gouvernement allait vraisemblablement prendre et il nous fallait ce temps pour renseigner et préparer nos membres. Nous avons essayé d’utiliser chaque mesure du gouvernement et projet de loi comme outil d’apprentissage. Je n’ai aucun doute que Doug Ford continuera de vous fournir maintes occasions de réagir à de terribles projets de loi.

En janvier 1997, Mike Harris a présenté le Projet de loi 103, la Loi sur la cité de Toronto, fusionnant les six conseils scolaires existants à Toronto pour former le Toronto District School Board (TDSB) que nous connaissons maintenant. Il s’agissait d’une des premières actions que le gouvernement a justifiées en proclamant que la population de l’Ontario allait devoir « en faire plus avec moins ». Cela allait devenir le leitmotiv du gouvernement, que nous avons contré par la réplique « on n’obtient jamais plus pour moins, on obtient moins pour moins ». Nous avons attaqué le Projet de loi 103 en avançant qu’il mènerait à moins de redevabilité de la part des conseillers scolaires et moins d’occasions pour les parents d’avoir leur mot à dire dans l’éducation de leurs enfants. C’était là le message envoyé à nos membres, non seulement à Toronto, mais partout en province, et ils ont rapidement commencé à comprendre que cette action entreprise par le gouvernement les touchait directement. Alors nous avons grogné très fort, sans pour autant mordre. Ce n’était pas là l’enjeu pour lequel nos membres étaient prêts à se sacrifier.

Cependant, cet enjeu allait venir. En travaillant collectivement, les dirigeants locaux, l’Exécutif provincial et le personnel du Bureau provincial ont élaboré un plan d’action qui allait être présenté à la Réunion annuelle de l’Assemblée provinciale (RAAP) en mars 1997. Les délégués ont approuvé la proposition d’une sanction provinciale si le gouvernement tentait de restreindre les droits de négociation collective. Aucune mention n’a été faite de la forme que cette sanction allait prendre. C’était un énoncé de principe, appuyé par les délégués lors de la RAAP. Ce grognement public retentissant a retenu l’attention des médias. Le message : la « Révolution du bon sens » de Mike Harris était bien mal en point.

Nous aurions pu faire du vote de la RAAP l’élément déclencheur de l’éventuelle manifestation en octobre. Cependant, les membres ne s’étaient toujours pas approprié la décision qui allait les toucher directement. En avril et en mai, des réunions générales des membres ont été tenues dans chaque district afin d’expliquer le plan d’action provincial et répondre à leurs questions et préoccupations.

À la fin de mai, nos membres grognaient très fort alors que tous les membres ont approuvé le plan d’action, tel qu’adopté à la RAAP, à raison d’une majorité de 84,2 pour cent. Les membres commençaient à s’approprier le plan de la Fédération. Leur grognement a capté l’attention. Un battage médiatique a pris naissance, mais le gouvernement est quand même allé de l’avant.

En même temps, nous avons trouvé d’autres façons de mobiliser nos membres. Nous avons donné notre appui aux autres groupes qui étaient directement touchés par les actions du gouvernement. Quand le Syndicat des employés et employées de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) a été forcé de déclencher la grève, nous nous sommes joints à eux sur les lignes de piquetage. Quand Mike Harris a commencé à sabrer les emplois des infirmières, les comparant à des fabricantes de cerceaux (Hula Hoop) désuètes, nous nous sommes portés à leur défense. Alors que tout cela se passait, nous communiquions à nos membres pourquoi, eux aussi, ils devraient se préoccuper de ces actions.

Nous avons appuyé les journées d’action de la Fédération du travail de l’Ontario (FTO) à London, Hamilton, Kitchener-Waterloo, Thunder Bay, Peterborough, Toronto et St. Catharines. Nous avons encouragé les membres locaux dans chacun des conseils scolaires des villes désignées à encourager la journée d’action en délaissant leur poste pendant une journée. Ils ont répondu à l’appel en nombres record. Des manifestations publiques ont eu lieu dans ces communautés un samedi et nous avons nolisé des autobus pour y faire assister nos membres par milliers. Nous avons appuyé nos alliés syndicaux quand ils ont montré la voie sur des questions qui touchaient leurs membres.

Notre stratégie de préparation était fondée sur un principe simple : au moment où vous avez besoin d’un ami, il est trop tard pour en chercher un. Nous avons incité nos membres à siéger au sein des conseils du travail et à chercher activement des alliés. Nous avons encouragé les dirigeants locaux à rencontrer les médias locaux et à forger des relations positives avec ceux-ci. Nous avons exercé une pression auprès des députés provinciaux en visant particulièrement les députés du gouvernement. Nous tenions à ce qu’ils sachent que nous les avions à l’œil, que nous avions des préoccupations et que nous nous préparions.

Alors, de juin 1995 à octobre 1997, nous avons beaucoup « grogné », sans toutefois « mordre ». Dans le cadre de notre Plan d’action, nous avons mis sur pied notre structure locale en préparation pour l’action. Nous avions des comités des communications/action politique actifs dans chaque district. Les dirigeants locaux ont renseigné les médias locaux et les dirigeants provinciaux se sont efforcés de forger des contacts positifs parmi les médias provinciaux.

Au milieu des années 90, bien entendu, les communications du Bureau provincial aux dirigeants locaux et aux membres étaient très différentes. Il n’y avait pas de courriels ni de médias sociaux. Les communications urgentes aux dirigeants locaux se faisaient par télécopieur. Les bulletins provinciaux et locaux étaient toujours des exemplaires imprimés livrés aux lieux de travail. Très peu de gens avaient un téléphone cellulaire et bon nombre de districts n’avaient pas de libération de leurs tâches pour assister à des activités syndicales.

Vous jouissez d’un immense avantage de nos jours grâce à la technologie à votre disposition et à des agents en libération syndicale pour garder vos membres à l’affût des nouvelles et pour diffuser votre message au grand public. Mon conseil est simple. Faites-en usage! Préparez-vous dès maintenant, et non plus tard.

En octobre 1997, le moment de « mordre » était finalement arrivé. Le gouvernement a introduit le Projet de loi 160, la Loi sur l’amélioration de la qualité de l’éducation, qui, bien entendu, était conçue pour faire justement le contraire. Elle éliminait le droit des conseils scolaires à percevoir des taxes pour le financement de l’éducation et transférait celui-ci au gouvernement provincial. Elle a donné lieu à la formule de financement défectueuse qui nous cause toujours des ennuis à ce jour.

Heureusement, tous les affiliés d’enseignants appuyaient le besoin de passer à l’action en ce qui concerne le Projet de loi 160. Cependant, les affiliés ne se sont pas tous préparés de la même façon. Les membres d’OSSTF/FEESO avaient déjà appuyé l’action par l’intermédiaire d’un vote de tous les membres. D’autres affiliés n’ont pas procédé à un tel vote et ce modèle de prise de décisions du sommet à la base est venu les hanter jusqu’à la fin de la manifestation.

En septembre et début d’octobre 1997, des manifestations et des séances d’information ont été tenues par tous les affiliés partout dans la province. Environ 85 pour cent des membres de tous les affiliés se sont présentés pour manifester leur soutien. Ces manifestations ont connu leur apogée le 7 octobre, alors que 24 000 enseignantes et enseignants, travailleurs de l’éducation et parents se sont entassés dans le Maple Leaf Gardens à Toronto en scandant « Nous n’abandonnerons pas », accompagnés de milliers d’autres, incapables d’entrer, qui donnaient la réplique de ces cris sur la rue. Le grognement le plus fort que j’ai entendu de ma vie.

Lorsque l’appel est venu le vendredi 25 octobre indiquant que, moyennant une trêve de dernière minute avec le gouvernement au cours de la fin de semaine, la manifestation allait débuter le lundi 28 octobre, tous nos préparatifs se sont avérés fructueux. Les piquets de grève étaient en place, des lieux de rassemblement pour les membres hors de leur lieu de travail étaient prévus, et surtout, nos membres étaient prêts. Dès la première heure, le lundi matin, ils se sont présentés en masse à tous les lieux de travail en éducation financés à même les deniers publics partout dans la province. Les médias locaux, provinciaux et, oui, nationaux étaient sous le choc. Les syndicats avaient réussi à paralyser l’éducation publique en Ontario. Pendant deux semaines, souvent par des temps hivernaux cruels, nos membres se sont tenus côte à côte pour protéger l’éducation publique. Ce fut sans équivoque les deux semaines qui ont provoqué chez moi la plus grande fierté de mes 44 années au sein d’OSSTF/FEESO. Je porte toujours fièrement l’épinglette offerte à tous les membres d’OSSTF/FEESO qui ont participé à la manifestation.

Cet événement sans précédent a eu lieu parce que nos membres connaissaient les enjeux. C’était leur combat. Ils savaient qu’ils se portaient à la défense de l’éducation publique et de leurs propres droits à titre de travailleurs de l’éducation. Lorsqu’on leur posait des questions sur les lignes de piquetage partout dans la province, ils parlaient avec éloquence et passion. Ils étaient nos meilleurs porte-parole. Quand ils sont retournés au travail au terme de deux semaines, les sondages indiquaient que 64 pour cent du public était derrière eux et croyaient que le Projet de loi 160 devait être retiré. Imaginez le fait de gagner un soutien lorsque vous avez fermé les écoles pendant deux semaines!

Avons-nous complètement abrogé le Projet de loi 160? Malheureusement, non. Cependant, le gouvernement de Mike Harris est revenu sur certains des éléments les plus controversés du projet de loi et c’était là une victoire. Avons-nous amélioré notre position auprès des parents et du grand public? Oui. Nos membres ont-ils ressenti une grande fierté? Absolument. Si nos membres ne s’étaient pas approprié notre action, celle-ci ne se serait jamais concrétisée. Cette appropriation, de la base vers le sommet, et non l’inverse, était cruciale.

Tout comme en 1995, il est maintenant le temps pour les dirigeants de notre Fédération de s’assurer que les membres sont au courant du climat politique. Commencez à « grogner ». Lancez ce dialogue entre les dirigeants et les membres qui jettera les bases d’une lutte contre quoi que ce soit en provenance du gouvernement Ford. Assurez-vous que les membres comprennent les effets de l’annulation par le gouvernement des réformes de la main-d’œuvre instaurées par le gouvernement précédent et les effets de l’annulation du salaire minimum à 15 $ sur leurs élèves et les parents. Appuyez les groupes environnementaux locaux qui luttent contre l’inaction de Doug Ford en matière de changements climatiques. Mobilisez complètement votre comité des communications/action politique local. Exercez une pression sur votre député provincial. Commencez à cultiver des relations positives avec les médias locaux. Vous devez en faire une priorité dès maintenant, et non plus tard. Décidez comment vous pouvez utiliser ces plateformes de médias sociaux pour diffuser votre message et faites-le!

Je crois que ce que nous avons été en mesure d’accomplir en 1997 a été possible précisément parce que nous avons d’abord préparé le terrain.

Toute réussite accomplie n’a été possible que grâce à une adhésion totale de nos membres.

Et, si et quand vous êtes obligé de passer à l’action, je peux vous assurer que bon nombre de cette génération de membres d’OSSTF/FEESO qui ont choisi de mordre en 1997, dont je fais partie, seront là pour vous épauler.

Bill 160 Protests, 1997 (OSSTF/FEESO archives)

Bill 160 Protests, 1997 (OSSTF/FEESO archives)

Bill 160 Protests, 1997 (OSSTF/FEESO archives)

Bill 160 Protests, 1997 (OSSTF/FEESO archives)

Bill 160 Protests, 1997 (OSSTF/FEESO archives)

Bill 160 Protest, Maple Leaf Gardens, 1997 (OSSTF/FEESO archives)

About David Moss
David Moss est membre retraité d’OSSTF/FEESO et a été directeur du Secteur des communications/action politique de 2002 à 2005.

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