OSSTF/FEESO et researchED Ontario

Insister sur la pratique fondée sur des données probantes

C’est ironique qu’une conférence fondée sur des pratiques éclairées par des données probantes ait commencé par ce qui semble être une confirmation de la superstition lointaine du vendredi 13. Malgré tout, comme pour toute bonne pédagogie, une planification et une prise en considération minutieuses pour parer à toute éventualité ont fait que nous n’ayons pas eu à succomber à la tempête de pluie verglaçante qui se tramait à l’extérieur. La conférence a eu lieu quand même et a été extrêmement bien accueillie par près de 300 participants.

ResearchED Ontario a présenté aux éducatrices et aux éducateurs toute une panoplie de renseignements fort utiles sur des sujets aussi variés que la lecture précoce, l’enseignement des mathématiques, la gestion du comportement, jusqu’à la présentation convaincante du Dr Willingham, professeur et auteur, sur ce que les éducateurs doivent connaître (et n’ont pas à connaître) au sujet de la science cognitive afin de guider leurs pratiques.

Je suis extrêmement fier de la décision prise par OSSTF/FEESO, par le biais de l’approbation du Plan d’action annuel de 2017-2018, de soutenir cette conférence et tout aussi fier du fait que tant de membres d’OSSTF/FEESO, aux côtés d’un répertoire d’éducateurs et de chercheurs respectés à l’échelle internationale, se sont portés volontaires pour animer leur propre atelier. Je suis également fier que tant d’éducatrices et d’éducateurs, membres d’OSSTF/FEESO et autres, aient consacré un vendredi soir et tout un samedi pour y assister. Ceci confirme, ce que je tiens pour acquis depuis longtemps, qu’il y a une avidité au sein de nos membres à perfectionner l’exercice de leur profession au sein d’une atmosphère collaborative pour les élèves dont ils ont la responsabilité. Les éducateurs souhaitent également être appuyés dans leur capacité à choisir le perfectionnement professionnel répondant à leurs besoins et à organiser leur apprentissage selon leur jugement professionnel.

OSSTF/FEESO, en vertu de ses obligations statutaires et de sa propre mission, placera toujours au premier plan l’avancement des intérêts de ses membres. Au moyen de la négociation collective et de la protection des membres, nous veillerons à ce que les éducateurs soient bien traités. Il m’est réconfortant de savoir que cette mission n’est pas contradictoire, mais coïncide plutôt avec le but de notre syndicat de protéger et de faire avancer l’éducation financée par les deniers publics. Le fait d’avoir des professionnels de l’éducation convenablement rémunérés, qui disposent d’une défense solide contre les traitements arbitraires et injustes, n’empêche pas d’atteindre les objectifs fixés en matière d’éducation; il y contribue.

Il est tout aussi important de reconnaître que d’instruire les élèves est une activité profondément humaine. La complexité infinie des interactions humaines signifie que l’éducation sera toujours en partie un art. Prendre la décision de ce qui est nécessaire dans le cas d’un élève en particulier ou dans la poursuite d’un objectif précis ne pourra jamais être déterminé par un algorithme ou un organigramme. L’amalgame de connaissances, d’expérience et de jugement professionnel est la clé d’un exercice professionnel sûr et excellent. Tout cela pour dire que créer un partenariat avec un organisme tel que researchED, avec d’autres initiatives approuvées à la Réunion annuelle de l’Assemblée provinciale (RAAP) 2018 d’OSSTF/FEESO, ne consiste pas du tout à imposer des pratiques précises à nos membres. OSSTF/FEESO n’a ni l’autorité ni la volonté de le faire. Il s’agit plutôt de répondre à un besoin, souvent exprimé par les membres eux-mêmes, d’être appuyés dans l’exercice de leur jugement professionnel. En le faisant, nous contribuons à l’épanouissement professionnel de nos membres et renforçons notre capacité à avoir une incidence sur les politiques en éducation et à négocier en leur nom.

Soyez assurés que cette reconquête de notre professionnalisme ne se produira pas sans opposition de la part de certains groupes. Dans certains cas, nos employeurs craindront de céder la prise de décisions à celles et à ceux qui travaillent véritablement avec les élèves. D’autres se méprendront sur nos intentions, peut-être délibérément. Et ceux qui ont un intérêt à promouvoir toute nouvelle « Formule magique X » qu’ils prétendent être indispensables pour une éducation efficace craindront de perdre ce secteur. Mais ceci ne devrait en aucun cas nous dissuader, car lorsque quelqu’un insiste pour que nous adoptions une nouvelle stratégie, technologie ou autre innovation, il suffit de leur poser la question toute simple, mais pertinente : « Quelle preuve avez-vous que ceci fonctionnera? » Bien qu’il soit probable, que comme Dylan Wiliam l’a dit : « rien ne fonctionne partout et que tout fonctionne quelque part », il y a des paris qui sont à soutenir plus que d’autres pour en venir à trouver la solution la plus efficace. Tant que le temps demeure la matière première la plus précieuse d’un éducateur, nous ne pouvons pas nous permettre de le gaspiller à des initiatives qui ont été décrétées et qui n’ont même pas la moindre chance de répondre à cette question.

Maintes et maintes fois, on m’a confirmé que nos membres souhaitent servir au mieux les élèves, quel que soit le milieu dans lequel ils travaillent. Tant qu’ils souhaiteront que nous le fassions, OSSTF/FEESO continuera de trouver des moyens de les soutenir dans l’exercice de leur jugement professionnel.

About Harvey Bischof
Harvey Bischof est le 66e président provincial d’OSSTF/FEESO. Il a été élu pour la première fois à l’Exécutif provincial en 2007 au poste d’agent de l’Exécutif puis comme vice-président en 2011, 2013 et 2015. Il a été élu président en 2017.

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